Nouveaux arrêts temporaires chez Kruger

Aux deux usines de la cité de Laviolette

À l’usine du boulevard Gene-H.-Kruger, les activités de la «coucheuse» seront interrompues du 21 au 31 octobre prochain.

Photo: Sylvan Mayer
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le ralentissement économique de nos voisins du sud n’épargne pas les usines Kruger de Trois-Rivières qui, encore une fois, doivent mettre un frein à la production de papier couché. Conséquence? Des arrêts partiels et temporaires frapperont successivement les deux «moulins» à la fin du mois, touchant potentiellement près de 250 employés.

D’abord, les activités de la «coucheuse» du boulevard Gene-H.-Kruger seront interrompues du 21 au 31 octobre prochain, ce qui pourrait signifier des vacances forcées pour une centaine de travailleurs.

Et la machine numéro 4 de la division Wayagamack subira le même sort du 31 octobre au 9 novembre, pour une possibilité de quelque 150 mises à pied.

«Ça devrait être une bonne période de l’année, mais les commandes ne viennent pas», explique le représentant national du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (FTQ), Claude Gagnon.

Pendant que les imprimeries accumulent de l’inventaire, les annonceurs des magazines «se limitent un peu en cette période de récession», ce qui explique la baisse de la demande.

Malgré ces mesures annoncées récemment par l’employeur, on croit être capable d’en minimiser l’impact du côté syndical avec, entre autres, la réalisation de certains travaux qui seront devancés.

Mais les discussions pour en atténuer au maximum l’effet sur la main-d’oeuvre sont plus avancées à l’usine de Trois-Rivières qu’à celle de l’Île-de-la-Potherie.

D’ailleurs, le représentant national du SCEP se montrait prudent sur le nombre de mises à pied, en raison des aménagements possibles, tandis que c’était le mutisme du côté de la haute direction.

«La sensation qui se dégage de nos assemblées syndicales, c’est que les travailleurs sont davantage préoccupés par les plans de mobilisation que les fermetures temporaires», constate M. Gagnon.

Par ailleurs, celui-ci surveille de près les fluctuations du dollar canadien qui, depuis un certain temps, est revenu à un niveau plus raisonnable pour l’industrie. «Et les budgets sont préparés avec un dollar au pair», a-t-il fait savoir.

Qu’en est-il de la situation à l’usine Laurentide, à Shawinigan? «Le message d’AbitibiBowater est simple, il faut qu’elle soit rentable. Et la règle est la suivante: pas une usine ne va produire à un coût supérieur à 500 dollars la tonne», a clairement rappelé M. Gagnon.

Le printemps dernier, la géante papetière avait conclu une entente avec le gouvernement du Québec et les syndiqués pour sauver les installations du secteur Grand-Mère.

Et l’année 2009 s’annonce fort active pour les instances syndicales qui se lanceront dans de nouvelles négociations de leur convention collective.