Le syndicat de Kruger veut éviter une diminution salariale

Problème de rentabilité

La machine numéro 3 chez Kruger-Wayagamack est déjà arrêtée depuis le 31 décembre dernier en raison de la faiblesse de la demande pour le papier annuaire.

Photo: Stéphane Lessard

Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec la fin prochaine de la production du papier annuaire à l’usine Kruger-Wayagamack, le syndicat planche sur divers scénarios pour rencontrer des objectifs de rentabilité reliés à la future vocation de la machine numéro 3.

«On est en réunion au niveau uniquement syndical pour la semaine, pas avec l’employeur à ce moment-ci, et on est en train d’évaluer différentes options qui ne sont pas nécessairement des diminutions de salaires, mais plutôt des économies à faire pour des coûts de production», a expliqué le représentant national du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (FTQ), Claude Gagnon.

Celui-ci ne nie pas que la compagnie ait réclamé des concessions salariales de 10 % auprès des instances syndicales. «L’employeur a demandé ça dans toutes ses usines, donc, il se devait de le faire aussi chez Kruger-Wayagamack», a-t-il reconnu.

C’est la machine numéro 3 qui amène tout ce casse-tête. Déjà, elle est arrêtée depuis le 31 décembre dernier et ce, jusqu’au 23 février prochain, en raison de la faiblesse de la demande pour le papier annuaire. Près de 100 employés sont affectés par cette décision.

Lors de l’annonce de cette interruption temporaire en novembre 2009, M. Gagnon avait admis s’attendre à ça avec un marché du papier annuaire en décroissance de 15 % par année. À cela s’ajoute une concurrence internationale de la part de producteurs de papier journal qui se lancent dans la fabrication de papier annuaire et ce, à moindre coût.

«Et à la Wayagamack, notre façon de produire le papier annuaire avec de la pâte mécanique, c’est plus dispendieux, car on doit y ajouter de la pâte kraft, ce qui coûte très cher», avait-il alors précisé, par rapport aux rivaux du secteur papetier dont la pâte est défrichée par des raffineurs.

Ainsi, le porte-parole syndical confirme la volonté de Kruger d’abandonner la production de papier annuaire, faute de profitabilité.

«En bout de ligne, ce que l’employeur recherche, c’est de s’en aller dans d’autres grades de papier et pendant une certaine période, ce ne sera pas rentable parce qu’il faut chercher des clients, que ceux-ci essaient ce papier-là et c’est évident qu’il y a des frais reliés aux essais, probablement des pertes chez les imprimeurs qui ne voudront pas payer le plein prix», a ajouté M. Gagnon.

Selon lui, ce sont donc «toutes sortes de choses qui vont faire que temporairement, il va falloir qu’on regarde pour s’assurer qu’on ne perde pas d’argent à essayer d’avoir ces nouveaux marchés-là pour garder la machine numéro 3 en opération».

«On est en train de faire ces exercices-là, je ne sais pas pour combien de temps, mais c’est certain qu’on ne touchera pas à des concessions de la convention collective de travail sans aller consulter notre monde, ça, c’est évident. On cherche plutôt ailleurs ce qui est possible d’être fait», a-t-il conclu.