Le Fonds de solidarité FTQ lance un appel à l'épargne

Publié le 14 février 2010

Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) De passage à Trois-Rivières, le président-directeur général du Fonds de solidarité FTQ, Yvon Bolduc, s’est dit de plus en plus préoccupé par le faible taux d’épargne au Québec.

Selon lui, les Québécois se préparent mal en vue de leur retraite et risquent d’être en position financière précaire à ce moment de leur vie. Cela aura des impacts importants sur l’économie du Québec, alors que, dans moins de 15 ans, les spécialistes estiment qu’il n’y aura plus que 2,5 travailleurs pour chaque retraité au Québec contre quatre actuellement.

Des données révèlent que le Québec est parmi les provinces où le taux d’épargne personnelle est le plus bas au pays en 2008, il se situait à 2,1 % au Québec, contre 3,7 % pour l’ensemble des Canadiens. Alors qu’il se situait à 20,2 % en 1982, il est maintenant dix fois moins élevé.

«Il faut sensibiliser davantage les Québécois à l’enjeu de l’épargne et de la retraite. La solution passe par des produits financiers qui leur permettent très tôt dans leur vie active de contribuer régulièrement à leur fonds de retraite, plutôt que de s’en remettre pour leurs vieux jours aux prestations minimales de l’État», explique M. Bolduc.

Bien des Québécois n’ont aucune épargne à long terme. La Régie des rentes du Québec signale qu’un Québécois sur trois ne dispose d’aucune couverture en vue de sa retraite, pas même un REER personnel. Conséquemment, bien des Québécois devront travailler beaucoup plus longtemps que prévu pour garantir un niveau de vie adéquat à la retraite.

Une autre enquête menée par Léger Marketing révèle que six PME sur dix au Québec n’offrent pas de régime de retraite. Aussi, 84 % d’entre elles ne prévoient pas être en mesure d’en proposer un au cours des trois prochaines années en raison de leur situation financière. Cela affecte particulièrement les entreprises du secteur du détail et de la distribution qui embauchent des dizaines de milliers de travailleurs.

«L’épargne-retraite dans le REER au Fonds de solidarité FTQ permet non seulement de favoriser un niveau de vie adéquat à la retraite, mais contribue aussi à des investissements dans l’économie régionale qui procurent et maintiennent des emplois», souligne M. Bolduc. Il cite en exemple les deux millions de dollars investis par le Fonds dans l’entreprise de 550 employés, Groupe Bermex, qui a récemment fait l’acquisition de Shermag et Meubles Jaymar Corp.

Et même si la situation est plus difficile, le grand patron du Fonds ne regrette pas l’investissement de 12,1 millions de dollars dans l’usine Kruger-Wayagamack. «Je suis confiant que ça va se replacer, on a revu nos conditions de financement et on va être patient», a-t-il confié dans une entrevue au Nouvelliste.

«Une contribution au REER du Fonds de solidarité FTQ est une injection directe de capital dans l’économie», affirme M. Bolduc.

Malgré un contexte économique et financier difficile en 2009, le Fonds a poursuivi sans relâche ses investissements qui ont atteint 848 millions $. En incluant le réseau des fonds régionaux et des fonds locaux, les investissements ont permis à 2000 entreprises de poursuivre leur développement et leur croissance. Depuis 1990, l’action du Fonds et de son réseau a permis de créer, maintenir et sauvegarder près de 390 000 emplois au Québec.