Kruger réduit encore sa production

À son usine du boul Gene H Kruger

Claude Gagnon, représentant national du Syndicat canadien des communications de l’énergie et du papier.
Photo: François Gervais

Marie-Eve Lafontaine
Le Nouvelliste
Trois-Rivières

Le marché demeure difficile pour l’industrie papetière. Pour passer à travers la tempête, Kruger réduit encore sa production de papier couché à l’usine de Trois-Rivières. Et cette fois-ci, elle donne un grand coup: elle va diminuer sa production de 17­000 tonnes du 1er octobre au 1er février. Cela va toucher 23 ­employés qui ne devraient toutefois pas être mis à pied, selon leur syndicat.

D’ailleurs, c’est une véritable catastrophe qui a été évitée.

En effet, c’est plus de 200 travailleurs qui auraient pu se retrouver au chômage, n’eût été la popularité du papier surcalendré.

«Nous allons convertir la production de la machine de papier couché en papier surcalandré. Dans le marché, il y a présentement plus de demande pour le papier surcalandré que pour le papier couché. C’est donc un changement de grade de papier, ce qui limitera l’impact sur les employés. Vingt-trois personnes seront touchées par la mesure plutôt que 200 comme ce fut le cas à deux occasions cet été», explique Jean Majeau, vice-président aux affaires publiques chez Kruger.

En effet, quelque 200 employés de l’usine Kruger s’étaient retrouvés en vacances forcées du 19 juillet au 4 août ainsi que du 31 août au 15 septembre alors que la machine avait été arrêtée complètement.

Même chose à l’usine Kruger-Wayagamack alors que 90 ­employés avaient été affectés par l’arrêt temporaire de la machine numéro 4 du 9 au 18­août.

Ces différents ralentissements combinés avec celui prévu jusqu’au 1er février représentent une réduction totale de 40­000 ­tonnes de papier couché, ce qui équivaut à 10­% de la production annuelle de papier couché de la Société Kruger.

«C’est certain qu’au cours des dernières années, c’est une des réductions de production de papier couché les plus importantes», note M. Majeau.

Une réduction que Kruger justifie par la nécessité de rééquilibrer son carnet de commandes.

«Les utilisateurs de papier couché ont bâti au cours des derniers mois un inventaire assez important qu’ils sont en train d’écouler. Présentement, un rééquilibre est donc nécessaire entre la production et la demande de nos clients», précise M. Majeau.

Ce dernier est confiant que tout revienne à la normale au mois de février comme prévu.

Heureusement, donc, l’impact sera limité pour les employés.

D’autant plus limité que le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ) assure qu’il ne se traduira pas par des mises à pied.

En effet, le surplus de travailleurs va permettre la mise en place de comités, une mesure qui était prévue dans le cadre du plan de mobilisation adopté par les employés au printemps dernier.

«Ces comités devaient être mis en place d’ici la fin de l’année pour quelques mois. On va être capable de devancer tout ça pour utiliser la main-d’oeuvre disponible», explique Claude Gagnon, représentant national du SCEP.

Cela va occasionner du déplacement de personnel puisque ce ne sont pas nécessairement les gens qui devaient être mis à pied qui se retrouveront sur ces comités.

Ils vont plutôt remplacer les travailleurs qui vont y prendre part.

L’objectif de ces comités est notamment d’améliorer le milieu de travail et de développer des méthodes de travail plus simples et plus sécuritaires.

Bien qu’il convienne que cette réduction de production n’est pas une bonne nouvelle, il s’agit d’un moindre mal, selon M. Gagnon.

D’autant plus que la machine numéro six est toujours en fonction alors que sa fermeture permanente était prévue en février dernier.

«On préfère de beaucoup avoir des fermetures sporadiques et temporaires que de voir la fermeture de cette fameuse machine», note M. Gagnon.