Fermeture prolongée pour la machine numéro 3

Kruger Wayagamack

La reprise des activités pour la machine numéro 3 de l’usine Kruger-Wayagamac a été reportée au 31 mars.

Photo: François Gervais

Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les employés déjà affectés par l’arrêt de production de la machine 3 à l’usine Kruger-Wayagamac depuis le 31 décembre dernier devront prendre leur mal en patience.

La reprise des activités, prévue pour le 23 février, vient d’être repoussée de cinq semaines supplémentaires et ne s’effectuera pas avant le 31 mars prochain.

La société Kruger en a fait l’annonce hier matin, invoquant les conditions de marché qui demeurent défavorables, notamment la valeur élevée du dollar canadien et la faiblesse de la demande pour le papier annuaire.

Joint par téléphone, le vice-président aux affaires corporatives et communications de Kruger, Jean Majeau, a précisé que la reprise des activités sur cette machine sera aussi à réévaluer au cours des prochaines semaines.

«Nous prévoyons un arrêt supplémentaire de cinq semaines, mais nous réévaluerons aussi en fonction des conditions du marché», souligne-t-il.

On se souviendra que les employés de l’une des trois unités syndicales ont rejeté, la semaine dernière, la demande de l’employeur qui souhaitait la réouverture de la convention collective pour négocier avec le syndicat des moyens de réduire les coûts de production.

Du côté syndical, on a justifié ce choix par le fait que la convention des travailleurs de la Wayagamac, réglée pour dix ans lors de l’acquisition par Kruger, est déjà en-deça de ce qui est offert dans l’ensemble de l’industrie.

Le syndicat a plutôt encouragé l’employeur à trouver d’autres avenues pour réduire les coûts, notamment avec les mesures suggérées dans le plan de mobilisation.

Jean Majeau assure que la décision de prolonger l’arrêt de la machine numéro 3 n’a rien à voir avec le résultat du vote survenu la semaine dernière à Kruger, et invoque uniquement les conditions actuelles du marché.

Cependant, le représentant SCEP, Claude Gagnon, signale qu’un message différent a été véhiculé à l’intérieur de l’usine durant la journée d’hier, voulant que cette décision soit une forme de représaille de la part de l’employeur.

«Kruger nous confirme qu’il s’agit des conditions du marché, mais un message différent se véhicule dans l’usine. Il faut que les supérieurs fassent attention à ça, car nous avons un plan de mobilisation en place et la participation de chacun est importante. Or, si on mine le moral des travailleurs avec de tels messages, ce ne sera bénéfique pour personne», lance Claude Gagnon.

Ce dernier reconnaît que les conditions actuelles du marché ne sont pas favorables, mais signale que le travail se poursuit toujours pour mettre en place un maximum de solutions afin de diminuer les coûts.

«Une variation d’un seul sou sur le taux de change peut entraîner une perte de revenus annuelle de 2,5 millions $», mentionne-t-il à titre d’exemple.