Des appuis pour les travailleurs

18 septembre 2008

Le Nouvelliste
Mathieu Lamothe
Louiseville

Lesa travailleurs en grève de l’usine Matériaux spécialisés Louiseville ont manifesté dans les rues, hier avant-midi, en compagnie de dirigeants syndicaux.
Photo: Ève Guillemette

En grève depuis maintenant six mois, les travailleurs de l’usines Matériaux spécialisés Louiseville ont reçu un appui de taille, hier, alors que des dirigeants de la FTQ et du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) ont participé à une manifestation qui a eu lieu dans les rues de Louiseville.

Le secrétaire général de la FTQ, René Roy, et le vice-président du SCEP, Renaud Gagné, sont catégoriques.

Le conflit de travail qui a débuté le 17 mars dernier dure depuis trop longtemps.

Les deux parties doivent donc retourner à la table des négociations au plus vite afin de trouver un terrain d’entente.

Le vice-président du SCEP a d’ailleurs confié lors de la manifestation qu’il avait eu des discussions avec le conciliateur nommé par Québec au cours desquelles ce dernier a indiqué qu’il allait convoquer les parties prochainement pour une rencontre.

«Au lieu de continuer le débat, de contourner les lois et d’amener ça sur la place publique, on préfère convaincre l’employeur de venir s’asseoir, car c’est comme ça que ça va se régler», a-t-il déclaré en faisant référence aux agissements de la direction depuis le début du conflit.

Bien qu’il déplore le fait que les demandes patronales soient déraisonnable, notamment en ce qui concerne les réductions salariales, le secrétaire général de la FTQ précise quant à lui que l’ancien propriétaire de l’usine, le géant de l’industrie papetière Cascades, a aussi eu un rôle à jouer dans le déclenchement de ce conflit.

Rappelons que la multinationale canadienne a vendu les installations louisevilloises à Rina Poirier-McGuire il y a six ans.

«Après avoir vendu des unités semblables, les grosses compagnies comme Cascades ramassent l’argent et deviennent les principaux acheteurs. Ils maintiennent les prix juste à limite et de cette façon, ils tiennent toujours les nouveaux propriétaires à la gorge. Ces derniers ne veulent pas se brouiller avec la grosse compagnie et se retournent vers les travailleurs», a déploré M. Roy.

De son côté, la présidente de l’entreprise, Rina Poirier-McGuire, considère toujours comme étant raisonnables les offres qu’elle a faites aux employés.

Elle tient également à préciser qu’aucune réduction de salaire n’a été demandée ou imposée.

Elle ajoute qu’elle est toujours ouverte à négocier et que ce sont les syndiqués qui se laissent tirer l’oreille.

«Le 1er mai, le porte-parole du syndicat, Claude Gagnon, a lancé (devant le conciliateur) notre document sur la table et a dit: vous viendrez nous voir lorsque les opérations seront fermées», a-t-elle raconté.

Dans un autre ordre d’idées, le partie patronale et le syndicat devaient se rencontrer, aujourd’hui, devant la Commission des relations du travail (CRT) pour débattre d’une demande d’ordonnance permanente déposée par le syndicat.

Ce dernier fait valoir qu’un bénévole s’occupe de la bouilloire de l’usine et qu’il doit être reconnu comme étant un briseur de grève.

La CRT a refusé la semaine dernière une ordonnance provisoire pour la même demande.

Comme il serait difficile de prouver que le bénévole reçoit une rémunération pour son travail, le syndicat envisage la possibilité de laisser tomber ces procédures.•