AbitibiBowater garde son plan de match

Malgré le fait que son titre a chuté de 83 % en un an

Des nuages restent au-dessus de la scierie d’AbitibiBowater du secteur Rivière-aux-Rats de La Tuque, fermée depuis le 6 octobre.

Photo: Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même si son titre a chuté de 83 % en un an, AbitibiBowater garde son plan de match qui vise à réaliser des synergies et réduire sa dette.

«Il n’y a pas de changement de stratégie et ce n’est pas juste nous autres qui avons des problèmes à la bourse», a indiqué le directeur des relations gouvernementales et affaires publiques, Pierre Choquette.

Du même souffle, il admet que la haute direction «fait attention à ça». «Il faut trouver des façons de s’ajuster aux fluctuations», reconnaît-il. Celui-ci ne nie pas que la baisse du dollar canadien constitue un avantage. «Mais ça ne donne pas des clients pour acheter», fait remarquer le porte-parole de la géante papetière.

On sait que la scierie du secteur Rivière-aux-Rats, à La Tuque, est fermée depuis le 6 octobre dernier pour une période d’un mois. Pas moins de 380 travailleurs, dont 140 en usine, ont ainsi été mis à pied.

Doit-on craindre une fermeture prolongée, voire définitive, en raison de la dégringolade boursière? «La décision relative aux scieries a été prise en raison du marché, le prix du 2x4x8 étant à son plus bas niveau en 20 ans», tient à spécifier M. Choquette.

Il rappelle donc le ralentissement économique chez nos voisins du sud et le faible nombre de mises en chantier, soit moins de 900 000 sur une base annualisée, du jamais vu depuis 1979.

«Ce qui est prévu dans le temps, c’est un arrêt de quatre semaines, mais on analyse de près la situation des marchés», renchérit-il.

Et que penser de la dette de 600 millions de dollars qu’AbitibiBowater doit rembourser en mars et août 2009? «Notre première tranche de refinancement avait été plus importante», a-t-il simplement signalé.

Quant à l’usine Laurentide, du secteur Grand-Mère, la première étape du plan de relance est amorcée, avec des départs à la retraite et le recours à la sous-traitance. Une seconde étape est prévue le printemps prochain.

On se rappellera qu’à la fin de l’été, le président et chef de la direction, David J. Paterson, avait déclaré que la compagnie était déterminée à prendre toutes les mesures jugées nécessaires dans les circonstances, «notamment l’abandon de toute capacité de production non rentable».

«En outre, dans le cadre de la poursuite de la deuxième étape de l’examen de nos activités, le renouvellement, à des conditions acceptables, des conventions collectives avec le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) au cours de 2009 sera une considération importante», a déjà prévenu le grand patron.

Finalement, le représentant national du SCEP (FTQ), Claude Gagnon, l’a reconnu: pas question pour AbitibiBowater de tolérer une usine en déficit. «On est à mettre en place ce qui fut décidé au printemps», a-t-il conclu.