12e rencontre annuelle des délégués sociaux et déléguées sociales FTQ Mauricie, Centre-du-Québec et FTQ Estrie

Les 11 et 12 avril 2008 à Jouvence (Orford)

La 12e rencontre annuelle a eu lieu les 11 et 12 avril dernier et il y avait 41 délégués sociaux et déléguées sociales qui ont participé à toute la rencontre et environ 70 personnes y ont participé le vendredi soir seulement.

La rencontre a eu lieu au centre de villégiature « Jouvence » à Orford en Estrie. Le thème de la rencontre : « Le suivi : rôle essentiel du délégué social » a été fort apprécié car cela a permis aux DS de s’exprimer sur leur vécu d’aidant. Le conférencier, Philippe Blouin, psychologue a su maintenir l’intérêt tout au long de la journée du samedi et a fait cheminer le groupe sur leur expérience en ajoutant des précisions sur la relation d’aide.

Bernise Martel
Responsable du réseau des délégués sociaux et déléguées sociales
FTQ Mauricie et Centre-du-Québec (819) 378-4049
FTQ Estrie (819) 562-4217
Courriel : bernise.martel@cgocable.ca (adresse principale) ou
bernisemartel@infoteck.qc.ca (adresse Trois-Rivières) ou bernise-martel@qc.aira.com (adresse Sherbrooke)

Prendre connaissance du rapport synthèse.

12e rencontre annuelle des délégués sociaux
et déléguées sociales FTQ Mauricie, Centre-du-Québec
et FTQ Estrie
tenue les 11 et 12 avril 2008 à Jouvence (Orford)

« Le suivi : rôle essentiel du délégué social »

Comment mieux commencer cette conférence qu’en reprenant là où l’on s’était laissé l’an dernier!

Le suivi, c’est savoir ce qui s’est passé avec le confrère qui avait fait preuve de violence envers sa conjointe. Encore une fois, l’équipe théâtrale s’est investie toute l’année pour nous permettre de comprendre le thème de la conférence.

On s’est ainsi passé plusieurs messages :

• l’impact positif de la thérapie pour le membre et son entourage
• l’importance de la présence du délégué social avant, pendant et après la cure
• Les difficultés de réintégration d’un membre…et même un retour à la violence.

Nos limites :

Et ces scènes nous ramènent à l’invitation à la colère que nous ressentons quand des situations nous mettent devant nos propres zones d’ombre, nos propres fragilités. Nous savons que, dans ces situations, nous ne pouvons accompagner l’autre.

Nos échanges du samedi nous ont d’ailleurs permis de mieux nous connaître. Puisqu’il n’y a pas de recette magique au suivi, il faut échanger nos propres expériences en la matière.
Ceci nous a amené à mieux comprendre le stress, l’angoisse de ceux et celles qui d’une équipe de travail, perdent leur emploi, la colère des collègues devant la violence faite aux femmes et aux enfants.

Il faut être capable de recevoir cela mais comme nous sommes aussi dans le même milieu de travail que les personnes qu’on accompagne, on se retrouve parfois à vivre les émotions de l’autre.

On s’égare de la relation d’aide momentanément. Cette conférence nous rappelle la sagesse de l’aidant : connaître nos limites.

Notre rôle :

Certes notre identité et notre potentiel sont notre capacité d’écoute, d’accompagner l’autre, de guider, d’être un baromètre et de maintenir le lien.

Mais ces rôles nous mettent dans de drôles d’état!

• On ressent parfois un sentiment de culpabilité, d’impuissance devant une personne qui nous met face à nos propres besoins. On ne peut sauver le monde seul ; il est important de sentir qu’on a une équipe (les autres délégué(e)s sociaux, le syndicat, les collègues, la famille de la personne qu’on aide).
• On ressent du stress car on se risque souvent dans des relations d’aide qui nous touchent beaucoup. Ça laisse des traces. Il faut pouvoir évacuer ce stress par le sport, le « debriefing » avec d’autres délégués sociaux et déléguées sociales, de belles soirées en famille ou entre amis.
• On ressent de la fatigue devant des gens qui siphonnent notre énergie. Prenons alors conscience que ce n’est pas la personne qui nous épuise mais les mécanismes de défense que nous mettons en place pendant tout le temps qu’on est en contact avec ces personnes. Être constamment en défense est épuisant!
• On a de la difficulté à garder une juste distance et à être authentique. Partager le même langage que nos collègues est un atout pour établir des liens de confiance mais parfois, on semble tourner en rond. Voire on ne veut plus rien savoir de la personne. Il est sage de vider son sac pour garder notre équilibre.
Pour établir nos limites, il faut se faire parler! Parler à d’autres DS de nos états d’âme, de nos émotions nous permet de développer des liens de solidarité tout en nous connaissant mieux nous-mêmes.

Si l’on veut écouter et bien aider, il faut aussi se rappeler que la personne qu’on aide est ultimement responsable de son mieux-être.

On veut lui offrir une expérience positive ; on devient pour l’autre une caisse de résonnance et on lui propose de s’écouter, de s’aimer et de se mettre en action.

Par contre, il ne faut pas se sentir incompétent ou être déçu parce que la personne qu’on aide ne semble pas avancer dans sa démarche. Il faut pouvoir faire le deuil de notre désir d’aider certaines personnes pour être capable de continuer à accompagner nos membres.

Dans le fond, on veut combattre la solitude, l’isolement; on veut créer des liens, des relations. On le veut pour les autres; il faut aussi pouvoir se l’offrir.

Cette 12e rencontre fut une belle occasion de se ressourcer.
Merci à Philippe Blouin.
Merci à tous et toutes.

Johanne Deschamps
Directrice du service d’éducation FTQ et coordonnatrice du réseau FTQ